vendredi 24 septembre 2010

Du mouvement au geste, le corps est langage

Voici le point de vue d'un psychomotricien (Philippe Kostka) sur l'acte de tracer.

Quelques extraits :


Le corps nous installe dans le monde, à travers le corps et par lui nous devenons un
individu capable d’agir sur lui-même et sur le monde, par le même médiateur
corporel à tous les âges de la vie.

 

Le geste peut se définir comme un mouvement ou une série de mouvements
déterminés par une certaine intentionnalité. Cet ensemble de mouvements à finalité
consciente ou inconsciente, est interprétable par celui qui l’observe. Il prend donc un
sens, une signification qui par ailleurs ne lui est pas nécessairement donnée par
celui qui l’exécute.

 

Bergès a établi une classification en trois points :

signification et la personnalité de celui qui l’exprime,
La manière de dire, le geste est un compromis entre un fond commun de
modifier une situation donnée et qui est fortement liée à l’efficacité de son
exécutant,
Le geste qui exprime la manière de le faire, il s’agit du geste action qui tend à
dévoile. Il révèle notre adresse, ou notre maladresse, notre prestance et notre
spontanéité.
Pour être complet, il nous faut encore parler de deux aspects :
Le geste qui exprime la manière d’être, c’est le geste qui nous trahit, qui nous
geste prend une valeur expressive associée à l’acte, il prend une dimension
plus vaste : celle de modification de l’environnement,
L’acte : on retrouve la dimension de la représentation scénique. Si la notion de
par une posture. D’après Corraze « des postures sont des positions que
l’individu conserve pendant un laps de temps suffisamment long pour que le
corps garde une certaine immobilité. Elles constituent une pause, un temps
d’arrêt dans une suite d’enchaînements moteurs. Elles marquent ainsi la fin
d’une unité d’action et introduisent ou préparent le début d’une nouvelle
séquence. »
A ce stade de l’exposé, il me semble important d’établir un parallèle entre
l’expressivité du corps tel que nous venons de le voir au niveau du mouvement, du
geste, de l’acte, et de la posture et de l’apparition du graphisme en temps
qu’expression corporelle du langage.

C’est à partir d’un besoin de mouvement que naît vers 12, 20 mois l’acte graphique.

Les qualités relationnelles avec l’entourage prennent ici toutes leur importance
quant au développement futur de l’expression graphique de l’enfant. Il dépassera le
caractère fortuit de ses premières traces, se dégagera de la fusion de l’espace
gestuel avec l’espace graphique pour attacher progressivement une autre
signification à l’acte graphique.

Le mouvement graphique va suivre le même cheminement évolutif que la motricité
en général, en se perfectionnant dans le sens proximo-distal mais avec un retard dû
au fait qu’il s’exerce dans un espace particulier.

Dans la genèse de l’acte graphique le contrôle kinesthésique précède le contrôle
visuel. (...) Petit à petit, le contrôle visuel va s’exercer sur le tracé en étant influencé par le souvenir d’une trace réalisée
auparavant.



L’activité de représentation dans le graphisme nécessite la convergence des facteurs
moteurs, perceptifs et symboliques afin de réaliser l’image de l’objet.


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